23h58. Bris de vernis noir sur le clavier tel un sombre feu d'artifices, mes doigts boudinés pianotant à vitesse élevée, l'ordinateur et son lourd bruit de ventilation, mes collants résilles jetés hasardeusement sur l'unité centrale, mon lit défait, draps et couette emmêlés, mes chaussettes au sol, mon baladeur au milieu de la pièce, mes CDs de Placebo éparpillés ça et là, ma boîte de pansements sur ma table de chevet, nombre de stylos sans encre, les feuilles de brouillon de mon bac de français, des photos de mon dobermann, mon carnet de santé, ma valise à demi ouverte, un tee-shirt Placebo pendu à la fenêtre, mon réveil et son bruit d'insecte, la chaleur invivable dans la chambre, les posters tout autour de moi, la douleur dans ma tête, mon hérisson dans le salon, papa décuvant dans sa chambre, Simon au lit pour cause de brevet, Thomas et Gabriel aux autos tamponneuses, maman regardant le feu d'artifices, ma solitude qui me ronge tout dedans, mes yeux qui voient flous, le temps qui se passe, toujours mon vernis noir que j'écaille, ma boîte de médicaments là tout près, mes crises de tachycardie, mes angoisses de la nuit, mes insomnies stagnantes, cette tristesse latente, toujours les maux dans ma tête, une cravate sur ma moquette, un bouquet de coquelicots fanés, mon maquillage dévasté, le jour qui commence, minuit passées, rongement d'ongles, soupirs égarés, moi, ma vie, ma maison, mon enfer...et ces papillons sur leur dos, à l'envers...la vie et là...et la mort aussi...
Charline B., 27 juin 2005
pic/modèle : moi