Eau De Vie

Eau De Vie
23h58. Bris de vernis noir sur le clavier tel un sombre feu d'artifices, mes doigts boudinés pianotant à vitesse élevée, l'ordinateur et son lourd bruit de ventilation, mes collants résilles jetés hasardeusement sur l'unité centrale, mon lit défait, draps et couette emmêlés, mes chaussettes au sol, mon baladeur au milieu de la pièce, mes CDs de Placebo éparpillés ça et là, ma boîte de pansements sur ma table de chevet, nombre de stylos sans encre, les feuilles de brouillon de mon bac de français, des photos de mon dobermann, mon carnet de santé, ma valise à demi ouverte, un tee-shirt Placebo pendu à la fenêtre, mon réveil et son bruit d'insecte, la chaleur invivable dans la chambre, les posters tout autour de moi, la douleur dans ma tête, mon hérisson dans le salon, papa décuvant dans sa chambre, Simon au lit pour cause de brevet, Thomas et Gabriel aux autos tamponneuses, maman regardant le feu d'artifices, ma solitude qui me ronge tout dedans, mes yeux qui voient flous, le temps qui se passe, toujours mon vernis noir que j'écaille, ma boîte de médicaments là tout près, mes crises de tachycardie, mes angoisses de la nuit, mes insomnies stagnantes, cette tristesse latente, toujours les maux dans ma tête, une cravate sur ma moquette, un bouquet de coquelicots fanés, mon maquillage dévasté, le jour qui commence, minuit passées, rongement d'ongles, soupirs égarés, moi, ma vie, ma maison, mon enfer...et ces papillons sur leur dos, à l'envers...la vie et là...et la mort aussi...

Charline B., 27 juin 2005


pic/modèle : moi

# Posté le lundi 27 juin 2005 18:22

Modifié le mardi 28 juin 2005 14:24

Carrousel

Carrousel
Mon rêve d'enfance ? Je m'en souviens encore aujourd'hui, et probablement pour toujours, pour le restant de ma vie et la suite de ma mort. Je sais que ce rêve juvénile, je l'emporterai avec moi, dans la barque du Nocher Charon. Parce que l'on perd notre peau, nos nerfs et nos os, mais l'on garde les billes nacrées qui perlaient de notre vie.
Le carrousel et ses chevaux de bois, si blancs, leurs yeux rieurs, et leurs belles dents ; ces chevaux là, je ne les ai jamais eus qu'en billes de nacre, en chimères. Je voyais les cordes dorées qui montent et qui descendent, qui rythment le ballet de ces animaux de bois, la musique envoûtante, et les rires des enfants. Tourner et tourner encore...
Le manège de ma vie, j'aurais tant aimé qu'il ressemble à ce manège de mon c½ur, à ce carrousel imaginé, chanté, dansé, aimé...
Mais les rues sont noires désormais, même à la lumière du jour, quand le soleil n'a plus la force de rendre plus belle la pierre abîmée de notre terre d'exil, notre terre d'errance et de perdition. Les chevaux ne sont plus là, pas même en rêve, les ténèbres les ont emportés, le bruit sourd de la vie qui se meurt a tu les rires divins des enfants de jadis, et mes yeux pleins de pleurs coulent le sang de milliers d'innocents que l'on tue là-bas, en Orient.
Parfois, j'ai cette angoisse enfantine, comme la peur du noir et du loup de la nuit. J'ai peur que les chevaux soient effrayés, qu'ils n'aient plus ce sourire dans leurs yeux...qu'ils ne puissent plus tourner, virevolter dans les airs...comme avant, dans mes rêves.
Leurs robes de velours qu'ils enfilaient la nuit venue, et leurs parures des lumières de la ville donnaient à leurs folles échappées ce parfum sublime d'une Vie qui se fait...pour de bon et pour de vrai...
Pourquoi ma vie m'a-t-elle pris mon manège ? Pourquoi m'a-t-elle enlevé mes chevaux de bois et leurs silhouettes divines ? Je ne sais plus rêver mon carrousel, je ne sais plus l'imaginer, lui parler, le toucher...
S'il vous plaît, Monsieur Dieu si vous existez, répondez-moi, par pitié :
Le carrousel dans mes rêves, était-ce trop demander ?

# Posté le samedi 25 juin 2005 16:02

[...]

[...]
Cette chaleur qui emplit mon corps, ces cris dans la pièce, ces maux dans ma tête.
Les enfants rient et chantent dehors, c'est beau quand on arrive à vivre...
Encore seule dirait-il, oui encore seule. Pourquoi d'ailleurs ? Parfois je me dis que je n'ai jamais été foutue d'avoir un minimum d'importance dans la vie d'autrui.
Mais c'est quoi cette envie dégueulasse d'avoir une place dans le c½ur de quelqu'un ? C'est quoi cet égoïsme nauséabond ? Le pire c'est que je suis incapable d'en avoir honte.
Je dois être sacrément dérangée pour faire ce que je fais, être ce que je suis et inventer ce que je ne suis pas et ce que, malgré mes mots et mes rêves d'ado qui fait la grande, je ne serai jamais.
La lucidité d'une autoanalyse, c'est pas trop mal encore sur ce point là, ne croyez-vous pas ?
Je crois avoir un défaut plus grand que tous ces autres que les gens voient et me gueulent toute la journée à la figure, comme pour nourrir cette haine que j'ai pour moi : je réfléchis beaucoup, beaucoup trop. Et alors quoi après tout ? Merde ! Toutes ces tortures de l'âme et mon eau de vie que j'écoule dans le noir tandis que le monde vit, c'est la mienne après tout. Qu'en ferais-je si elle restait là, à l'intérieur ?

[Now bleed, Bitch, bleed]

Mais c'est quoi ce besoin de dégueuler ma peine par moment ? Avec moi c'est le silence ou l'étalage puant d'un c½ur qui pourrit à cause de l'homme qui m'a donné la vie.

[[ he was supposed to love me ]]

Encore des mots pour mes maux, et puis qui ne serviront à rien mis à part à me créer l'illusion d'un dialogue pour quelques minutes. Dis, c'est quoi être névrosée ?

**it's just me, nobody else**

J'ai toujours fui les miroirs alors que les autres pensent probablement que je ne suis qu'une sale narcissique qui mériterait tous les châtiments du monde pour ses grands airs de minette sûre d'elle. Cette fille là c'est moi ou du moins le portrait que les gens peignent de moi. Et je fuis, encore et toujours parce que je ne suis pas cette fille là, pas celle que vous dîtes, ce n'est pas possible. Et si au lieu de me borner dans une connerie sans nom je tentais d'accepter que si les gens pensent cela de moi c'est qu'il y a sûrement un fondement de vérité ? Je n'ai jamais voulu l'entendre...

# Too bad bitch, you're gonna finally hear me out this time #

Et puis ces doutes assassins qui stagnent en moi depuis je ne sais quand, cette gueule que je traîne depuis si longtemps, qu'est-ce que j'ai fait putain dites le moi ? Qui suis-je ? Qui le sait hein ? Qui le sait ? Personne ne me connaît et je ne suis pas même foutue de me comprendre, d'anticiper mes réactions de gamine prétentieuse. Pas foutue de comprendre pourquoi je fais cela, pourquoi je suis méchante avec maman alors qu'elle donnerait son âme pour moi, pourquoi je m'isole, pourquoi je regarde les autres avec ses yeux dégoûtants pleins d'une sorte de rage qui n'a pas lieu d'être. Et puis cette lâcheté ignoble de rejeter la faute de ce que je suis, la honte de ce que je suis sur papa.

||You're drunk, you're never going to get away with this..||

Et tout ce dont je me persuade, que je suis malade, que j'ai mal ici puis là, et que je souffre pour des foutaises qui n'existent pas. Pourquoi suis-je comme Manou ? Pourquoi je n'arrive pas à me sortir de la tête que j'ai 17 ans et des poussières, que je vais bien et que je ne vais pas mourir en m'endormant ce soir ? Pourquoi toujours cette peur de partir sans avoir été ne serait-ce qu'une fois, appréciée de quelqu'un. Et voir que les gens passent, que la vie se fait, que le manège tourne et puis me dire que finalement il est clair que l'on s'en fout.
Pourquoi tous ces cachets pour uniques amis parce que je suis hypochondriaque et que j'ai des phobies ridicules de fille folle.
Et tout ce que je n'ai pas été pour maman, pour papa, Simon, Thomas et Gabriel.
Et tout ce fardeau je suis pour eux au quotidien.
Et tout le mal que je leur fais en m'en faisant, toutes ces griffures, ce cercle vicieux, ce sang.
Et tout ce que je ne serai jamais parce que je n'en ai pas la force ni le courage parce que je suis ce que personne ne voudrait être.

[[# I did this to them, I did it, it's MY fault#]]

Et parce que malgré tout je les aime ces gens à qui je fais du mal...
Et que je ne saurai jamais le leur dire...parce que je suis Moi...

{*Oh God, my brain is racing*}


Pic by me

# Posté le vendredi 24 juin 2005 11:10

Modifié le vendredi 24 juin 2005 13:00

Placibow

Placibow
Après les clips et leurs images, je vous propose de vous aventurer dans les chansons des albums de notre combo favori et de leurs belles notes.

La poésie de l'âme, un Je, des jeux, un Lui, un Elle, l'amour, les drogues, ces personnages ambigus et fascinants, des bribes d'eux pour se retrouver aussi nous, le tout pour une splendide peinture des sentiments humains...c'est aussi et surtout cela PLACEBO...

Ma question pour vos réponses...

________________________________________________________________________________

QUELLE EST LA CHANSON QUI VOUS FAIT VOUS SENTIR VOUS ?

________________________________________________________________________________

# Posté le lundi 20 juin 2005 16:30

Modifié le mardi 21 juin 2005 05:43

Placebo, la vidéographie

Placebo, la vidéographie
______________________________________________________________________

J'aurais voulu savoir quel est votre clip préféré dans la vidéographie de Placebo, quel est votre coup de coeur et pourquoi ce coup de coeur ?
(ce que vous aimez dans ce clip, scénario, couleurs, façon dont il est filmé, etc...)


PLACEBO, Vidéographie :


-Come Home
-36 Degrees
-Teenage Angst
-Nancy Boy
-Bruise Pristine


-Pure Morning
You Don't Care About Us
-Every You Every Me
-Without You I'm Nothing


-Taste In Men
-Slave To The Wage
-Special K
-Black-Eyed


-The Bitter End
-This Picture
-Special Needs
-English Summer Rain
-Protège-Moi


-Twenty Years


________________________________________________________________
________________________________________________________________________________________

# Posté le lundi 20 juin 2005 05:52

Modifié le mercredi 22 juin 2005 09:27