Je ne saurais donner la date et l'heure exactes de l'écriture de ce texte, je dirais donc juste que c'est très récent, probablement quatre jours avant, griffoné sur un blog note, début août, milieu de la nuit, occupation d'une insomnie...
Elle est assise, là, dans ce lit, ces couvertures froissées parce qu'elle a trop bougé, ce contraste avec sa vie, celle quand il fait jour, lorsque le monde revêt son manteau de lumière. Parce que c'est vrai qu'elle ne fait pour ainsi dire rien, le jour ; elle reste là, un peu comme ce soir, mais juste un peu...parce que ça n'est pas pareil, parce que ça ne peut être pareil...
Son agitation nocturne pour son oisiveté diurne, c'est comme une revanche ; des nuits trop souvent blanches et pourtant passées dans le noir complet ; elle est beaucoup de contradictions... Elle a toutes ces questions dans la tête, tous ces pourquoi et ces comment. Elle aime bien se retrouver là, en elle, bloquée, à chercher obstinément un quelque chose qui lui échappe, insaisissable...parce qu'elle a toujours voulu ce qui ne lui était pas du, toujours souhaité être ce qu'elle ne serait jamais...
Parce qu'elle est chiante, voilà tout...
Elle pourrait sortir une clope et la fumer lentement, presque avec sadisme, parce qu'à coup sûr, elle aimerait la voir se consumer doucement, un peu comme elle quelques mois en arrière...comme une vengeance infondée, un report de haine, un passage de relais...
Mais il n'y aura pas de cigarette et pas de fumée...peut-être parce qu'en elle, ce soir du moins, il n'y a plus de feu...
La lumière est allumée parce qu'elle a peur du noir de la nuit, encore une bribe d'enfant en elle, elle a toujours été comme ça, toujours un geste, une mimique, toujours un souffle enfantin. Elle a son monde, cet imaginaire qu'elle se borne à inventer sachant d'avance que non, il n'existe pas.
Parce que oui, elle est vraiment chiante, mais elle en a le droit...
Elle ne sortira ni clope ni alcool, elle a cette sagesse comme ça, ce trop plein d'amour propre, si grand qu'elle ne voudrait s'abîmer...le refus de destruction, même la plus infime, est peut être en un sens preuve de narcissisme, après tout, qui sait ?
Elle est assise, là, dans ce lit, avec ce traversin à ses côtés. Elle le dispose toujours pareil, avec minutie, elle le modèle, parce que la nuit tombée, quand elle a peur, elle le serre...il devient quelqu'un...
Ce soir, elle se demande qui prendra la place de ce coussin, qui supportera ses insomnies et tout son être, elle se demande si un jour il y aura quelqu'un...
Parce qu'elle le sait qu'elle est chiante, oui, ça elle le sait...
Elle est assise, là, dans ce lit, et pour une fois, elle n'est pas triste, non, elle ne sent pas ce poids. C'est comme si le vide en dedans était enfin léger, comme hors du temps, emportée ailleurs, une entité parmi tant d'autres, fondue dans la masse immense...plus de définition de 'marginalité'...elle flotte...
Elle est assise, là, dans ce lit, elle a son stylo qui écrit parce que souvent, elle ne veut pas parler. Son stylo c'est son arme d'attaque et son bouclier...
Parce que décidément, c'est dingue ce qu'elle est chiante...
Elle va poser sa tête sur l'homme-traversin, faire durer ses clignements de paupières parce qu'elle y verra un peu flou. Elle pensera à son père, sans trop savoir pourquoi, elle saura ce qu'il pense d'elle, elle saura qu'il a raison, mais demain, elle lui dira que non...
Parce qu'elle est chiante, tellement chiante...
Elle est assise, là, dans ce lit, et ce soir, elle a envie de faire vivre ces personnages que les autres voient en songe. Elle, plus que chimères, elle les veut vivants. On pourrait dire qu'elle s'entraîne, un peu comme les petites filles s'entraînent à l'amour en embrassant le dos de leur main, elle, s'entraîne à vivre.
Elle est assise, là, dans ce lit, elle sait que ce soir, encore un soir, elle est seule, mais qu'importe, elle regarde le ciel là haut, si haut...elle fait de sa solitude une présence...elle voit la lune, là-bas, qui lui sourit...
Lui susurrera-t-elle qu'elle est chiante ? Probablement qu'elle le dira...
Parce que ce 'elle'...et bien, c'est moi...
________________________________________________________________________________...MoLk'S...
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